J’aimerai ne pas être ce que mes peintures pensent de moi.

Couper le radiateur en 3 morceaux, Il fallait passer au travers, Les morceaux encore tièdes appuyés contre ma jambe, La jambe tendue vers le bas, remontait le long de la cheminée, Dehors de grandes quantités de Christo jonchaient le sol, Le lit que formait le petit sentier était dur, les articulations sèches, Il y avait des oiseaux qui chantaient en se frottant le bec, On attendait, je t’attendais dans ce désordre précisément.

Il y a des crapauds qui se baladent à dos de chameau, mais aussi des chameaux à contre-sens. Dans ce monde de désordre, Constance ne bouge pas. Elle reste là, près de moi. Je l’aime, Constance est là, tout contre moi.

Vivre dans un monde de crapauds, cela demande un effort… pour descendre de mon chameau !

Constance est là, elle me rassure dans sa profondeur et son élégance. Je la suis… pas de côté, mais face au vent et les tripes serrées ! Serrées, bien nouées avec de petits yeux noirs, bien noirs, serrées comme de petits charbons stéphanois.

Le monde ne sera jamais plus petit que la longueur de mes deux bras.

Il y a cette nuit blanche, ce poussin qui se dresse au-dessus de mon  oreiller. Les murs jaunissent à la lumière des néons pendant que le froid frétille sur ma peau. Il est 3 h, la pression du dehors… en dehors de ma couette restée fraîche en surface, fait monter comme une locomotive le souffle chaud de ma bouche.

Je place dans l’intervalle de deux silences un « O », un « écho » qui rebondit contre la lumière des néons. Sur le mur, il y a écrit « debout », mais c’est en fermant les yeux que j’aperçus le clapotis de ces premiers rayons. Le jour se lève mais ne m’attend pas, comme s’il avait décidé d’exister sans moi.

#Loubli 

Je n’ai jamais plongé dans l’inconnu, je n’ai jamais dépassé mes limites. Tout est là : le bouquet, la peinture et ses pinceaux, la grande ardoise mal lessivée, l’estrade et ses nombreux modèles dénudés. Le regard donnait justice à ce que la main n’osait caresser. Debout, sur ces racines que je faisais semblant d’ignorer, l’inconnu comme une ombre qui me suivait, je cherchais ce que l’on m’avait enlevé. Idiot comme une fenêtre mal fermée, je fis plusieurs fois le tour sur moi-même. L’absurdité des corps à peine dessinés et la hauteur de ce bouquet presque abandonné. J’avais oublié … je m’étais oublié jusqu’à la racine de mes pieds. Je n’ai jamais plongé dans l’inconnu. Tout est là, même ce que je feins d’ignorer